Transformer les humeurs indésirables les plus fréquentes

Bienvenue dans le monde des gens qui à partir d’une simple curiosité de leur part, ou à l’autre extrême d’un ultimatum formulé à leur égard, ont pris la décision de faire les premiers pas vers un mode de perception moins erroné… pour une réponse au stress plus équilibrée !

À partir de nos humeurs indésirables, la capacité de transformer des émotions désagréables en émotions agréables requiert une intelligence émotionnelle (IE) développée, et heureusement, cette dernière s’acquiert !

La maîtrise de soi ou « sophrosyne » selon Platon est une vertu.

L’helléniste Page Dubois la traduit comme « l’attention et l’intelligence apportées à la conduite de sa vie ; un équilibre et une sagesse tempérée. »

Je vous entends déjà me dire : « C’est bien beau tout ça Lyne, mais il s’agit du travail d’une vie ! ».

Et si je vous aidais à transformer cette perception d’exaspération afin que dans peu de temps vous puissiez plutôt joyeusement me dire : « Cet entraînement est devenu mon mode de vie ! »… Seriez-vous plus motivés à m’accompagner ?

Mais avant de commencer à s’entraîner aux exercices de Pleine Conscience, qui permettront d’établir et maintenir cette transformation souhaitée, j’aimerais vous partager la perspective de certains chercheurs concernant les humeurs indésirables les plus fréquentes: 

La colère :

Il existe plusieurs sortes de colères : la fureur déclenchée par l’amygdale et la colère froide, de type vengeance fomentée par le néocortex qui risquent d’être justifiées par de  « bonnes raisons ».

Tice a constaté que ruminer en trouvant des causes pour justifier sa colère, la renforce tandis que de reconsidérer la situation selon un point de vue plus positif permet de se calmer.

Le sentiment d’être menacé est le détonateur universel de la colère, la menace peut être physique mais le plus souvent symbolique, elle touche à la dignité ou l’amour propre.

Dans ses travaux le psychologue Dolf Zillmann a étudié le mécanisme et la physiologie de la colère, il a constaté que lorsque l’individu est déjà énervé et qu’un événement provoque un débordement émotionnel, l’intensité est plus importante et peut dégénérer en fureur ou violence.

A partir de cette analyse physiologique, Zillmann voit deux moyens d’intervention :

  • Désamorcer en contestant les pensées qui déclenche sa montée en puissance. Une réévaluation des évènements à l’origine de la colère donne l’occasion d’une désescalade. Cela fonctionne pour les colères modérées mais pas pour une véritable fureur en raison de ce qu’il nomme « l’incapacitation cognitive ».
  • La distraction est un procédé extrêmement efficace : penser ou faire autre chose pour modifier son humeur peut couper court à l’enchainement de pensées productrices de colère, chacune d’elles étant un mini-détonateur.

Quant au psychiatre Redford Williams, ce dernier proposait à ses patients de travailler sur la conscience de soi en saisissant au vol les pensées cyniques ou hostiles au moment où elles surgissent et à les coucher par écrit ; ainsi il devient possible de les contester et les réévaluer.

Comme le montre les études de Zillmann, la catharsis ou laisser libre cours à sa fureur ne permet pas de la dissiper. Le maître Tibétain Chogyam Trungpa a répondu à une personne lui demandant le meilleur moyen de venir à bout de la colère : « N’essayez pas de l’éliminer, mais ne la laissez pas gouverner votre action ».

L’anxiété :

Lizabeth Roemer et Thomas Borkovec ont fait des recherches sur la propension à se faire du souci, qui est au cœur de l’anxiété.

Les esprits inquiets s’enferment dans un cercle vicieux, une vision unique où la personne alimente son inquiétude, par association d’idées, en imaginant des scénarios catastrophiques. Quand le cycle s’intensifie il peut dégénérer en troubles associés : phobies, obsessions, compulsions, crises de panique, insomnies…

Borkovec a découvert que la conscience de soi permet de percevoir les bouffées d’inquiétude et d’aider les anxieux à mieux se maîtriser. Il s’agit de surveiller l’apparition des premières sensations physiques, pensées et images à l’origine de l’anxiété et de pratiquer une relaxation quotidienne.

L’étape suivante est d’adopter une attitude critique vis à vis de soi-même et de se poser les bonnes questions pour remettre en question les préoccupations. Cet alliage d’attention et de changement de perception agit comme frein sur la stimulation neuronale. Le questionnement active le circuit inhibiteur de l’excitation limbique tandis que la relaxation amortit les signaux générateurs d’anxiété.

La mélancolie :

La perte de tout intérêt oblige à réfléchir, à s’extraire de l’agitation quotidienne et finalement à effectuer des mises au point psychologiques pour dresser de nouveaux plans.

Si le deuil est utile, la dépression ne l’est pas. Chez les dépressifs, les émotions interdisent la concentration et perturbe la « mémoire active », c’est-à-dire la capacité à garder présentes les informations liées à la tâche en cours. Dans la dépression profonde, la vie est paralysée et peut nécessiter une hospitalisation. En général une personne peut venir à bout d’une dépression latente. La propension ou pas à ruminer des idées sombres détermine la persistance ou l’amélioration de l’état dépressif. La thérapie cognitivo-comportementale est aussi efficace que la médication. Elle consiste à contester les pensées habituelles et à les remplacer par des pensées plus positives, de s’efforcer de changer de point de vue (recadrage cognitif) et à établir un programme de distractions saines et équilibrées, car s’isoler renforce le sentiment de solitude.

D’après les études de Richard Wenzlaff, psychologue, les individus en proie à la dépression doivent choisir des activités réjouissantes qui modifient l’humeur.

D’après Tice le remède le plus efficace est le bénévolat car il détourne des pensées centrées sur soi. Il préconise également de mettre en valeur son image personnelle et se gratifier de petits succès.

Le refoulement ou refus optimiste :

C’est le comportement habituel et automatique d’effacer les troubles émotionnels de la conscience, acte d’évasion mentale consistant à ne pas prêter attention aux perturbations affectives. Il est considéré aujourd’hui que cela exerce un effet autorégulateur salutaire sur les émotions, une dissociation positive. L’individu reste serein dans l’adversité, ceci au prix d’une perte non évaluée de la conscience de soi.

Prêts à commencer à vous entraîner ?

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